Ydéal : le matériau pisé à l’honneur

Dans un contexte d’impératifs climatiques et environnementaux forts, la construction en terre crue revêt un intérêt grandissant.
Exemple d’utilisation de ce matériau de construction sur l’îlot B2, avec la réalisation de L’Orangerie au sein du programme Ydeal.

 

 

A La Confluence, sur l’îlot B2, un bâtiment de deux étages de bureaux, L’Orangerie, se réalise en pisé sous la maîtrise d’œuvre de Clément Vergély Architectes et la maîtrise d’ouvrage d’OGIC. La production des éléments du rez-de-chaussée qui constitueront le bâtiment en pisé, est assurée en amont, sur place, pour assurer le séchage avant montage. Ceux des étages seront fabriqués à l’avancement à partir d’avril 2019. Une première pour un projet de ce type comprenant notamment 5 arches.

Nicolas Meunier est concepteur, spécialiste de la construction de bâtiment en pisé à Chambles dans la Loire. Responsable de cette partie du chantier, il nous a présenté les caractéristiques de ce matériau.

 

Solidité du pisé

Dans l’agglomération lyonnaise, le pisé représente aujourd’hui 20 000 logements. Loin de se limiter à une approche patrimoniale, son utilisation s’inscrit dans une démarche économique et environnementale (circuits courts -les terres utilisées sont des terres de chantiers de Saint-Quentin-Fallavier à 30 kilomètres de La Confluence, 100% recyclable…). Une contrainte toutefois : le calendrier d’une construction en pisé. Le pisé est habituellement produit entre le 1er avril et le 30 octobre pour éviter le risque de déstructuration du matériau encore frais par le gel. Les blocs de pisé sont composés soit grâce à une machine qui crée des éléments à dimension, soit avec des coffrages.

 

Construction en pisé : un confort d’usage

L’atout du matériau pisé est la qualité de l’hygrothermie (température et taux d'humidité de l'air ambiant d'un local) qu’il permet grâce à la présence d’argile. Celui-ci absorbe l’humidité ambiante. Même sec, le pisé contient a minima 1 % d’eau (7 % à 8 % quand il est humide). Quand il fait froid, la condensation entraîne un réchauffement du matériau qui permet de maintenir à température l’intérieur plus longtemps. Jusqu’à 2 mois de chauffage pourraient ainsi être économisés chaque année par rapport à une construction classique. A l’inverse, en été, l’humidité s’évapore et rafraîchit le bâtiment en pisé. Cette forme de climatisation naturelle chaud/froid fonctionne à condition de choisir des enduits appropriés pour laisser la terre respirer.

 

Matériaux pisé : résistance et maîtrise

Le matériau pisé, une fois sec, est huit fois plus résistant que lorsqu’il est humide. Il a une très bonne réaction à la compression (un m2 peut porter jusqu’à 30 ou 40 tonnes). Le pisé peut ainsi être facilement utilisé pour des bâtiments allant jusqu’à deux étages ; voire un peu plus selon les configurations. Pour ce chantier, Nicolas Meunier est accompagné par l’Ecole Nationale des Travaux Publics de Vaulx-en-Velin qui réalise différentes études sur le matériau. Prendre en compte les contraintes de ce dernier dans la conception architecturale du futur bâtiment permet notamment de maîtriser les coûts financiers. 

 

2000
logements en pisé dans la région lyonnaise

 

30

nb de kms parcourus par la terre

 

Zoom

Un inventaire participatif


 

A l’occasion de l’exposition « Ma terre première pour construire demain » (23 février- 17 juillet 2016) a été lancé un inventaire participatif. Coordonné par l’architecte Emmanuel Mille et mis en œuvre par le Musée des Confluences, il avait pour objectif de répertorier toutes les constructions en terre crue.

En savoir + :
http://patrimoine-terre-lyonnais.patrimoineaurhalpin.org