Architecture réversible : la double vie des immeubles

A La Confluence, architectes et promoteurs cherchent aussi à construire réversible : ils conçoivent des immeubles dont l’usage peut facilement évoluer dans le temps. Dans ces bâtiments à l’architecture réversible, les bureaux se transforment en logements (et inversement) pour anticiper les futures mutations du quartier. Une solution économique et durable. 

 

 

Immeuble réversible

Sur le quai Perrache, face au Rhône, les immeubles sont à vocation tertiaire. Demain, avec la transformation de l’autoroute en boulevard urbain, des logements pourront être réalisés. Comment profiter de cette opportunité ? En anticipant dès à présent par la conception de locaux « réversibles », c’est-à-dire des bureaux qu’il sera possible de transformer en logements rapidement et à moindre coût.

 

Réversibilité des bâtiments : des constructions flexibles et durables

La réversibilité des bâtiments se développe dans l’immobilier. Face au besoin grandissant de logements neufs dans certains quartiers où le foncier est rare, les propriétaires de bureaux peuvent offrir une seconde vie à leurs bâtiments en changeant leur affectation. Ces reconfigurations pour une architecture réversible ont cependant l’inconvénient d’être assez lourdes et onéreuses. Or, en anticipant la possibilité du changement dès la conception, en prévoyant par exemple des hauteurs sous plafond adaptées à l’habitat comme au tertiaire ou des réseaux techniques modulables, le coût de la transformation peut être divisé par trois. Le chantier devient plus rapide et le cycle de vie du bâtiment réversible se prolonge. C’est le cas avec les bâtiments de bureaux Arabesk (Ydéal) sur l’îlot B2 (OGIC) et Work#1 sur l’îlot A1 sud (Linkcity) qui compte également de larges balcons. « Ces espaces extérieurs, rares en tertiaire, vont améliorer le bien-être au travail et permettront ensuite à chacun des logements de bénéficier de balcons privatifs sans modifier le projet architectural », souligne Lucie Paquet, directrice du pôle Grands Projets chez Linkcity Sud-Est. Développé dans le cadre d’Eurêka Confluence, le démonstrateur industriel pour la ville durable, cet immeuble réversible doit être livré fin 2020.

 

Construire réversible : des appartements de taille modulable

Sur le parvis de la place François Mitterrand, face à la place nautique, le promoteur Ogic déploie un immeuble de 5 700 mètres carrés de 8 étages. Il sera livré en 2020 avec des commerces en rez-de-chaussée, des bureaux sur les deux premiers niveaux puis des logements sur 6 étages.
Les architectes Diener & Diener, avec Clément Vergély, ont dessiné des unités modulables afin de favoriser la réversibilité des usages. « Les bureaux pourront devenir des logements, et inversement. De grands appartements pourront facilement être transformés en deux ou trois logements plus petits. L’idée est de pouvoir modifier les locaux en fonction de l’évolution du quartier et des besoins des occupants », résume Sabine Bonnet, directrice d’agence chez Ogic Lyon. Ogic a résolu quelques obstacles techniques et juridiques, comme l’adaptation du règlement de copropriété qui permet de changer l’affectation d’une unité sans vote préalable, à condition que la façade ou les parties communes ne soient pas affectées.

 

Zoom

projet Ydeal (B2) par OGIC, Diener und Diener et Clément Vergély architectes

 

projet A1Sud par BOUYGUES, David Chipperfield, Aires Mateus, Vera et associés