Les chantiers, des acteurs clés de la ville pour tous

Lyon Confluence s’engage depuis près de 10 ans en faveur de l’insertion sur les chantiers qu’elle pilote. Cette mobilisation se concrétise plus fortement depuis 2012 à travers la signature de la « charte des 1 000 »* et l’intégration de clauses d’insertion dans les marchés publics. L’enjeu ? Permettre aux  demandeurs d’emploi de bénéficier de la dynamique des travaux dans le quartier. Une traduction de l’engagement social du plan d’action durable défini avec le WWF. Quels sont aujourd’hui les résultats ? Et comment étendre cette dynamique aux opérateurs privés ? Eclairage.

*portée par la Métropole de Lyon et la Maison Lyon pour l’Emploi

 

 

Le chantier du parking mutualisé - (c) Jérémy Mathieu - 2017

« L’engagement pour l’insertion fait pleinement partie de l’objectif de ville durable et intelligente, porté par la SPL Lyon Confluence. Le volet social en est un des critères, au même titre que la qualité de vie, l’environnement naturel ou la créativité » explique Marie-Paule Coassy, chef de projet à Lyon Confluence. Depuis 10 ans, tout d’abord au travers la signature de partenariats avec des organismes de formation, puis avec la signature de la « charte des 1 000 » en 2012, Lyon Confluence développe son action en faveur de l’intégration professionnelle et de la formation de personnes qui, au fil du temps, ont fini par s’éloigner durablement du monde du travail. Une action volontariste (Lyon Confluence n’est soumise à aucune obligation légale dans ce domaine) qui vise à contribuer à l’équilibre et au développement économique du territoire. En signant la charte définie par la Métropole de Lyon et la Maison Lyon pour l’Emploi, la SPL s’est inscrite dans un engagement qui rassemble aujourd’hui 460 acteurs économiques.

L'équivalent de 290 mois à temps plein en 4 ans

Lyon Confluence fixe un nombre d’heures d’insertion dans les cahiers des charges. Il varie en fonction des secteurs d’activités et du type de travaux à effectuer et concerne principalement les secteurs du BTP et de l’aménagement paysager. Construction du vestiaire du stade Sonny Anderson, démolition du bâtiment 42 quai Perrache, réhabilitation de la halle Girard…  et 11 autres opérations d’aménagement ont ainsi été concernées par l’exécution de clauses d’insertion. Les Rives de Saône et l’aménagement du quai Rambaud ont été particulièrement concernés avec plus de 3 000 heures (2 équivalents temps plein pendant un an), pour la réalisation des revêtements de sol, des réseaux secs, des plantations ou encore des aires de jeux. Au total, 66 personnes ont déjà pu bénéficier de 44 000 heures d’insertion, soit l’équivalent de 290 mois à temps plein. La SPL Lyon Confluence fait également appel, ponctuellement, à 124 Services pour la réalisation de travaux assurés uniquement par des heures d’insertion : les espaces verts et la remise en état des chantiers.

Un engagement qui doit profiter au plus grand nombre

Les résultats sont là et certaines entreprises se mobilisent fortement et dépassent l’objectif initialement prévu. L’enjeu est toutefois de parvenir à ce que cette disposition soit profitable à tous. Pour éviter qu’elle ne bénéficie quasi exclusivement à un public masculin, Lyon Confluence l’a étendue par exemple au domaine des services. « Pour le futur parking mutualisé, la clause d’insertion a aussi porté sur des prestations de conception par les architectes et bureaux d’étude. L’occasion de proposer des heures de travail à de jeunes diplômés en difficulté » ajoute Marie-Paule Coassy.

Comment étendre la démarche?

À l’initiative de Lyon Confluence, une expérimentation va être menée pour inciter les maîtres d’ouvrage privés à recourir à des heures d’insertion. Une première réunion a été organisée en 2016 pour les sensibiliser et leur présenter l’accompagnement dont ils pourraient bénéficier. La participation des Compagnons Bâtisseurs sur les chantiers est également à l’étude. 

 

30
Nombre d'entreprises (MPE, ETI, grands groupes des domaines du BTP, aménagement paysager et services) engagées dans la démarche

51% 
Pourcentage de personnes ayant bénéficié du dispositif qui ont un emploi durable (CDI ou CDD > 6 mois) après la sortie de celui-ci

 

Zoom

"Charte des 1000", l'intérêt de l'effet rebond

Le point de vue de Bertrand le Gallou, chargé de mission Maison Lyon pour l’Emploi.

"En signant la « charte des 1000 », les structures s’engagent vis-à-vis des demandeurs d’emploi. En échange, nous les accompagnons en mettant à leur disposition :
- une personne référente à l’écoute de leurs problématiques,
- un lien privilégié avec les partenaires locaux : Pôle Emploi, associations,
- un appui pour mobiliser des demandeurs d'emploi des secteurs concernés autour d'événements ou d'ateliers.

L’intérêt pour les signataires de la charte est aussi de bénéficier d’un partage de bonnes pratiques grâce au réseau qui ne cesse de grandir. Dans ce cadre, l’engagement d’un partenaire comme Lyon Confluence est très intéressant car il produit un effet rebond : certaines entreprises en lien avec la SPL adhérent ensuite elles-mêmes à la charte."

 

 

Sécuriser les parcours professionnels

Le point de vue de Philippe Dumont, responsable RH chez Eiffage Route et Eiffage Génie Civil. 

"Les clauses d’insertion de la SPL Lyon Confluence offrent une chance à des personnes éloignées du monde du travail de retrouver le chemin de l’emploi. C’est le cas sur les travaux du futur parking mutualisé, construit par le groupement Eiffage/SPIE Fondations. Une personne assurant la gestion des flux de véhicules a bénéficié d’heures d’insertion, puis nous l’avons embauchée en CDD. Ces clauses d’insertion permettent souvent de sécuriser les parcours professionnels des bénéficiaires et de leur ouvrir de nouvelles opportunités. Les échanges et le partage de méthode avec la SPL Lyon Confluence et la Maison Lyon pour l’Emploi sont inédits, réguliers et de qualité. Cet accompagnement nous aide à trouver les candidats mais surtout, à faciliter la réussite des heures d’insertion pour les bénéficiaires.»